défendre la zad

Communiqué du Collectif Zad Lyon : la saison 2 a commencé !

Suite à la décision d’abandon du projet d’aéroport et face aux multiples parties qui voudraient enterrer le mouvement, le collectif Zad Lyon réaffirme son soutien à la Zad de Notre-Dame-des-Landes. La lutte est loin d’être terminée, de nouvelles perspectives apparaissent, mais aussi la menace d’une expulsion et d’une normalisation progressive de la zone. Pour tout ce que la Zad représente, nous continuerons à la défendre et à relayer cette lutte sur Lyon et alentour.

L’aéroport est enterré, le bocage est sauvé. Franchement, il n’y a pas beaucoup de victoires en ce moment, alors un mouvement suffisamment fort pour faire plier l’État et une méga multinationale avec les moyens du bord et une détermination en béton, ça donne de l’espoir et de la force à tout.es. Cette victoire n’est pas celle d’un seul groupe, mais appartient à tout.es celleux qui se sont bougé.es contre ce projet et ce qu’il représente. Alors on peut tous et toutes se féliciter de ce qu’on a réussi à faire ensemble.
Bien entendu nous sommes conscient.es que c’est autre chose qui commence, qu’une nouvelle bataille s’est engagée. L’aéroport est tombé mais tout ce qui va avec est encore bien présent, voire empire ; sur la Zad comme ailleurs, nombreu.ses sont celleux qui ne souhaitent pas en rester là. Et puis arriver à soustraire des centaines d’hectares au contrôle de l’État pour y cultiver d’autres formes de vie et faire un peu tache, un peu désordre, un peu caillou dans la chaussure, ça donne envie de continuer et de pousser un peu plus loin.

Le mouvement n’a pas attendu la mort de l’aéroport pour réfléchir à son avenir, mais les possibilités que la Zad porte en elle sont loin de plaire à tout le monde… Par contre, nous, ça nous botte ! Ce qui s’y construit parle bien au-delà du bocage, et nous arrive jusqu’à Lyon et même beaucoup plus loin. Nous sommes beaucoup à avoir été marqué.es, transformé.es par ce lieu, par cette lutte, et les liens qui s’y sont tissés au fil du temps. C’est pour ça qu’au Collectif Zad Lyon, on réaffirme notre soutien à la Zad de Notre-Dame-des-Landes, à tout ce qu’elle représente, au réalisations concrètes et aux idées qui s’y développent et que l’on souhaite propager.

Ces derniers temps, certaines tensions se sont accentuées au sein du mouvement. L’ennemi commun n’étant plus aussi évident, les différentes façons de voir les choses – qui ont fait la force du mouvement – paraissent plus éloignées, plus difficiles à concilier. Dans nos collectifs aussi, on n’est généralement pas d’accord entre nous ; ici comme ailleurs, il y a plein de tendances, de visions, de stratégies divergentes et de débats sur ce qu’il faut faire et comment. Des fois ça chauffe, parfois ça clashe. Pourtant, quand on prend un peu de recul, on se trouve quand même plus de points communs qu’avec le monde de l’aéroport… Et comme à Notre-Dame-des-Landes, c’est faire des choses ensemble qui nous a rapproché.es.

Depuis Lyon et sa région, on souhaite que le mouvement reste uni pour qu’il reste fort. Il nous semble que c’est bien la somme de toute les composantes qui a permis d’enterrer le projet et qui pourrait encore mener à d’autres victoires. C’est cette diversité qui fait aussi la beauté et l’intérêt de la vie sur place ; nous souhaitons donc à toutes et tous de trouver encore et toujours les ressources, l’inventivité, la patience, la combativité et la bienveillance nécessaires pour que ce lieu de vie continue d’être une zone de lutte et d’expérimentation.

Nous réexprimons notre attachement à ce lieu exceptionnel, arraché à la folie du monde actuel et porteur d’espoir. Nous comptons bien, avec tous les soutiens du mouvement sur Lyon et sa région, peser dans le rapport de force qui s’engage actuellement pour l’avenir de la Zad. Une redistribution unilatérale des terres ou toute tentative d’expulsion seront considérées comme une attaque contre la Zad et nous ne nous laisserons pas faire sans réagir.
En cas de tentative d’expulsion ou de toute alerte de la part des cop-ain-ines, un rassemblement aura lieu le soir même à 18h devant la gare Part-Dieu. Et le samedi suivant devant l’usine d’armement policier de Verney-Carron (Saint-Étienne). Enfin, sans attendre que de telles éventualités se produisent, une manifestation aura lieu samedi 31 mars à Lyon et un peu partout en France contre toutes les expulsions — qu’elles visent des migrants, des squats ou des zones en lutte comme à Bure ou Notre-Dame-des-Landes.

Nous sommes toujours là,

Le Collectif Zad Lyon

[NDDL] – Appel du mouvement à manifester le 10 février !

Appel à converger massivement pour défendre la ZAD le 10 Février, date d’échéance de la DUP (Déclaration d’Utilité Publique) de l’aéroport.
Venons nombreuses et nombreux pour montrer que quelle que soit la décision du gouvernement concernant le projet, nous seront prêt·es à défendre ce territoire et les modes de vie qui s’y développent.

10 février 2018 – Pour un avenir sans aéroport
Tous et toutes sur la zad – Rdv à 10h30

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## Pourquoi converger massivement sur la zad le 10 février

Depuis des décennies, les 1650 ha de la zad sont menacés par un projet d’aéroport climaticide, destructeur de terres nourricières, de zone humides et de liens sociaux. En lieu et place de ce projet, des paysan.ne.s résistant.e.s ont continué de vivre sur leurs terres et de nouveaux.elles habitant.e.s sont arrivé.e.s dans les 10 dernières années. Il s’invente sur la zad des formes de vie, d’habitats et d’agriculture fondées sur le partage, la rencontre, le soin du vivant et des biens communs.

Le 9 février 2018, la Déclaration d’Utilité Publique du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes aura 10 ans. Si le gouvernement, à l’issue de la médiation nommée il y a 6 mois, décide enfin d’abandonner ce projet mortifère, le 9 février marquera la fin officielle de la Déclaration d’Utilité Publique. Nous serons alors heureux de célébrer la préservation de ce bocage, avec toutes celles et ceux qui ont accompagné cette longue histoire de lutte au cours des dernières décennies. Nous convergerons pour poser ensemble les prochains jalons de l’avenir de la zad de Notre-Dame-des-Landes.

Si le gouvernement décidait envers et contre tout de s’entêter, il nous faudrait alors être aussi fort nombreux.ses à réaffirmer notre volonté d’empêcher le démarrage des travaux et de toute expulsion sur la zad.

Quelle que soit la position du gouvernement suite au rapport de la médiation, et en espérant le meilleur pour la suite, nous vous appelons donc à vous organiser dès aujourd’hui pour se retrouver sur la zad le 10 février et enraciner son avenir.

Nous rappelons ci-dessous les bases communes que s’est donné le mouvement dans la perspective d’un avenir sans aéroport au-delà de l’abandon du projet.
— Pour plus d’infos : acipa-ndl.frzad.nadir.org

— Pour des demandes de renseignements spécifiques sur le 10 février : 10fevndlzad@riseup.net

## Parce qu’il n’y aura pas d’aéroport (Texte des 6 points sur l’avenir de la ZAD)

Ce texte en 6 points a pour but de poser les bases communes nécessaires pour se projeter sur la ZAD une fois le projet d’aéroport définitivement enterré.

Il a été réfléchi au sein d’une assemblée régulière ayant pour objet de penser à l’avenir des terres une fois le projet d’aéroport abandonné. Assemblée qui regroupe des personnes issues des différentes composantes du mouvement de lutte. Ce texte a été longuement débattu, à plusieurs reprises, dans de multiples composantes et espaces d’organisation du mouvement.

Nous défendons ce territoire et y vivons ensemble de diverses manières dans un riche brassage. Nous comptons y vivre encore longtemps et il nous importe de prendre soin de ce bocage, de ses habitant-e-s, de sa diversité, de sa flore, de sa faune et de tout ce qui s’y partage.

Une fois le projet d’aéroport abandonné, nous voulons :

  1. Que les habitant-e-s, propriétaires ou locataires faisant l’objet d’une procédure d’expropriation ou d’expulsion puissent rester sur la zone et retrouver leur droits.
  2. Que les agriculteurs-ices impacté-e-s, en lutte, ayant refusé de plier face à AGOVINCI, puissent continuer de cultiver librement les terres dont il-elles ont l’usage, recouvrir leurs droits et poursuivre leurs activités dans de bonnes conditions.
  3. Que les nouveaux habitant-e-s venu-e-s occuper la ZAD pour prendre part à la lutte puissent rester sur la zone. Que ce qui s’est construit depuis 2007 dans le mouvement d’occupation en terme d’expérimentations agricoles hors cadres, d’habitat auto-construit ou d’habitat léger (cabanes, caravanes, yourtes, etc), de formes de vies et de luttes, puisse se maintenir et se poursuivre.
  4. Que les terres redistribuées chaque année par la chambre d’agriculture pour le compte d’AGOVINCI sous la forme de baux précaires soient prises en charge par une entité issue du mouvement de lutte qui rassemblera toutes ses composantes. Que ce soit donc le mouvement anti-aéroport et non les institutions habituelles qui détermine l’usage de ces terres.
  5. Que ces terres aillent à de nouvelles installations agricoles et non agricoles, officielles ou hors cadre, et non à l’agrandissement.
  6. Que ces bases deviennent une réalité par notre détermination collective. Et nous porterons ensemble une attention à résoudre les éventuels conflits liés à leur mise en oeuvre.

Nous semons et construisons déjà un avenir sans aéroport dans la diversité et la cohésion. C’est à nous tout-e-s, dès aujourd’hui, de le faire fleurir et de le défendre.

## RAPPEL des initiatives lyonnaises

Le soir de la décision du gouvernement :
RDV à 18h30 au square Delestraint, vers le Préfecture
https://rhonenddl.wordpress.com/2017/12/11/appel-a-rassemblement-festif-pour-la-zad-de-nddl/
https://rebellyon.info/Appel-a-rassemblement-Festif-pour-la-ZAD-18502

En cas d’attaque et/ou de début de travaux :
RDV le jour même, à 18h devant la gare Part-Dieu, Lyon
RDV le samedi qui suit, à 14h devant l’usine d’armement Verney Carron, Saint-Etienne
Voir l’appel ici !